Il bar dei Cesaroni, huile sur toile, 118 x 123 cm, Rome, 2021



Edificio e cortile, huile sur toile, 36 x 36 cm, Rome, 2021



Albergo, 75 x 118 cm, huile sur toile, Rome, 2021




Casa, huile sur toile, 31 x 21 cm, Rome, 2021




Lotti 1 - 5, huile sur papier, 130 x 150 cm, Rome, 2021



Garbatella



    Situé au sud de Rome, le quartier de la Garbatella se distingue par son architecture inspirée des cités-jardins anglaises. Se promener dans ses rues calmes procure un sentiment d’apaisement, loin du coeur urbain de Rome et des automobilistes pressés. Il naît dans les années 1910-1920, dans le cadre d’un gigantesque projet imaginé par l’ingénieur Paolo Orlando. L’ambition, soutenue par le gouvernement italien, était de creuser un canal parallèle au Tibre, depuis Ostia jusqu’à un nouveau port fluvial qui devait se situer entre Testaccio et Ostiense. La Garbatella, qui ne porte alors pas encore ce nom, devait accueillir les ouvrier·es du port fluvial.
 
    La conception du quartier est confiée à divers architectes et gérée par l’Instituto Case Populare, chargé depuis 1903 de l’édification de logements à loyer modéré pour les classes populaires. L’espace est divisé en soixante-deux lots (lotti). Chaque lot comprend un ensemble d’immeubles organisés autour de cours, de placettes arborées et de jardins, de manière à allier harmonieusement vie urbaine et rurale, espaces intimes et collectifs. À la frontière entre ces pôles, la Garbatella offre des espaces au caractère semi-public et semi-privé, favorisant la naissance de relations entre ses habitant·es.

    Comme Rome elle-même, la Garbatella a une origine mythique et un riche passé historique. Selon la légende, le quartier abritait une auberge tenue par la charmante Carlotta. Elle était si aimable et si polie (garbata) que son auberge était surnommée par les voyageur·ses la Garbata Ostella. La contraction de ce surnom aurait donné son nom au quartier : Garbatella. À l’origine, le quartier devait s’appeler la Concordia. Mais c’était sans compter sur l’entêtement des habitant·es à lui donner un nom choisi, et non imposé.
Au bas d’une volée d’escaliers, les passant·es peuvent encore aujourd’hui admirer une fontaine à l’effigie de sa mythique fondatrice.



Marie Walin

,  Historienne vadrouilleuse